Ce fléau parental.
Vous savez ce qui me manque le plus depuis que je suis mère ? La légèreté. On n’est plus légère quand on est mère, la ride du lion est là pour le confirmer, on a toujours un petit “tic-tac” dans le coin de la tête pour gérer : les pauses pipi, le goûter, le coucher, les heures de sommeil, etc … Tout l’électroménager qui sonne dans la baraque c’est simplement là pour que la mère de famille ne perde pas le rythme.
Le rythme de la vie sans enfant qui peut te mener à faire une folie en fin de journée, “rhooo mais si je me faisais un ciné ?” “Apéro ? “ et si je trainais à Monoprix à 19H ? “ … Parfois, je me rends compte que j’ai totalement oublié comment c’était la vie d’avant. Comment on faisait avec mon mec ? Est-ce qu’on allait boire des verres ? On se retrouvait à l’appart mais on faisait quoi ? Des fois j’ai des réminiscence d’un passé fugace, je raconte ça à mon mec et là il me regarde avec un regard vide et me dit “putain, j’ai oublié notre vie d’avant”. Tristesse infinie.
Donc, quand on devient daron, on découvre très rapidement, vers 4-6 mois, l’importance du rythme et le tunnel. Il s’agit clairement d’un trou noir dans lequel tu plonges à partir de 16H45 pour les moins chanceux jusqu’à 21H et parfois au delà pour ceux qui ont des mioches qui deviennent des démons au moment où tu prononces au dodo. J’angoisse pour ces pauvres parents qui subissent des couchers mêlant cris, pleurs … Le tunnel devient un gouffre.
Ainsi, à 16H45 débute une marche silencieuse de darons se dirigeant, comme des hypnotisés, vers le “Tunnel du soir”. Ce bon vieux tunnel qui s’organise avec des moments phares :
Réception de l’enfant
Retour à la maison et 1ère négociation sur un truc (au choix selon les familles : du rab pour le goûter, la télé, un caprice de fatigue),
puis on a un peu de jeu (lâcher-prise car c’est le moment où ils foutent en l’air le peu d’ordre que tu tentes de maintenir au cœur de ton charmant foyer),
on enchaine avec le bain/douche qui est souvent la deuxième négociation,
on prépare le diner, certainement un des rares moments où tu peux encore vagabonder dans tes pensées
on passe à table et on négocie …
et on termine avec le coucher plus ou moins l’angoisse selon les familles. Mais prenons une moyenne, 21H, globalement, c’est ok.
Et là, à la différence de l’électroménager, on n’a pas de petite sonnerie pour nous stipuler : Bravo ! vous venez de terminer le Tunnel du soir, bonne soirée et à demain ! Rien. Un champ de ruine souvent : débarrasser et ranger.
Ce tunnel, je ne le supporte plus. Alors, le peu de fois où je m’échappe, pour aller boire un verre, je suis prise d’une frénésie entre 17H30 "et 19H30 je peux avoir le temps de faire du shopping, de m’enfiler quelques pintes et donc d’être ivre à 20H, pour prendre le métro à 21H et hop au lit ! Puis, dans la majeur partie des cas, c’est la nuit que l’enfant choisit pour te faire chier, et donc tu décuves assis au pied de son lit.
Le tunnel est un fléau, mais surtout une chose étouffée par les parents, qui se gardent bien de le dire aux futurs darons. Et oui, finito les mojito à 18H sortie d’agence ! Finito de faire tourner les serviettes à 2OH30 avec tes collègues !
Le tunnel est un peu le rocher de Sisyphe, un châtiment pour trop d’apéro coco bongo pendant la vie pré-parentale !
M.C