La Bonne Mère

J'ai décidé d'être une mauvaise mère. Et c'est la meilleure décision que j'aie jamais prise.

Mamma Letter
2 min ⋅ 05/05/2026

Un jour, j'ai confié à ma sœur et ma mère que je ne subissais pas vraiment la pression de l'excellence maternelle. Mon secret ? Je suis partie du principe que je suis une mauvaise mère. Ainsi, le jour où ma fille me jettera mes ratés à la figure, ça ne provoquera pas de tsunami émotionnel. J'étais prévenue. Je m'étais prévenue moi-même.

Cette absence de quête de perfection me permet de vivre ce rôle — le rôle de ma vie, certes — avec beaucoup plus de légèreté. Et de limiter la culpabilité. Enfin, ce qu'il en reste, je le compense autrement : une accumulation de petites bêtises, de petits cadeaux, d'achats compulsifs qui masquent, tant bien que mal, la difficulté d'être mère, entrepreneuse, femme et amoureuse en même temps. Certains pans de ma vie sont en jachère. Parce qu'on ne peut pas tout tenir.

Et c'est là que je veux briser le mythe des working girls parfaites — celles qui t'étalent tout sur les réseaux, celles qui te culpabilisent dans la pénombre de la nuit, quand tu scrolles frénétiquement pour gratter un peu de dopamine, celle que tu avais oubliée quelque part entre les couches et les nuits sans sommeil.

La Bonne Mère, c'est avant tout une mère qui a compris que pour faire beaucoup, il faut être une équipe. Si j'accomplis autant aujourd'hui, c'est simplement parce que ma fille a un père. Un père qui prend son rôle au sérieux, qui mène sa fille à l'école chaque matin avec une régularité de métronome et va la chercher chaque soir. Même quand il râle. Surtout quand il râle — parce que je sais pertinemment qu'il est frustré les soirs où c'est moi qui le fais à sa place.

La Bonne Mère, elle fait garder ses enfants pour avancer sur ses projets : nounous, mamie, amies, famille... Elle assume les clubs de loisirs sans culpabilité pour poursuivre ses ambitions. Certains diront : mais elle n'est jamais avec ses enfants, alors ? Si, bien sûr. Elle a juste compris que se tuer à vouloir être partout en même temps, ça ne produit que de l'épuisement — et rarement de la qualité.

Parce que la Bonne Mère est toujours là quand ça compte. Je ne rate aucun moment important, aucune réunion d'école, aucune date clé. Le soir, même quand je suis intérieurement à plat, j'accepte de rester 45 minutes sur son lit à lui tenir la main. Ma pause déjeuner, je la passe à fabriquer des chasses au trésor sur Canva pour qu'elle joue à la maison.

La Bonne Mère, finalement, elle est bien entourée. Elle a une vue d'ensemble. Et elle sait pertinemment quels combats méritent d'être menés. Je ne connais aucun parent de l'école — et pourtant, je ne raterai jamais une rentrée, une kermesse, un spectacle de danse, une réunion, un examen, un anniversaire, un départ.

Être partout, non. Être là, oui.

à tantôt.

Pour libérer la mauvaise mère qui est en toi, rdv le 5 juin au Club Mamma : ici

Mamma Letter

Par Maëva Chx

Je suis une mère de 40 ans, consultante en marketing, chroniqueuse à mes heures, autrice parfois, et observatrice compulsive du quotidien.

J’écris depuis toujours. Avant c’était les supers-connards maintenant c’est la daronnie. Demain, qui sait, ça sera la vieillesse et la ménopause …

Longtemps j’ai cru que les grandes histoires étaient ailleurs. Puis j’ai compris qu’elles se logeaient dans le banal : les actes manqués, les renouveaux discrets, les contradictions qu’on porte, les choses qu’on tait entre femmes. Je suis une amoureuse du quotidien qui avec de jolis mots devient chevaleresque.

Parce qu’au fond, je crois que le quotidien mérite d’être raconté.

Sinon, retrouvez moi sur @mammaganglyon sur Insta 💗